Le coupe-choux
29 mars 2006 à 8:56 Général

Cowboy raséRien n’est plus viril qu’utiliser un rasoir qui peut vous ôter la tête.

Les gens aiment les hommes qui se rasent au coupe-choux. Les femmes les admirent, les hommes les craignent (les deux les dévisagent si c’est mal fait).

Alors, pourquoi se raser comme un cow-boy ? Et, point plus important, pourquoi abandonner cette idée avant le premier essai ?

Un rasage au coupe-choux vous donner une décharge d’adrénaline que seul peut remplacer une ballade sur la bande d’urgence (Waw… comme disait Châteaubriant), un sentiment de puissance et l’âme d’un guérillero. Avec l’arrivée des cosmétiques pour hommes (tout est lié), ce dernier sent le besoin de contrebalancer son aspect féminin (j’utilise une crème de nuit et un anti-rides et un anti-cernes) par un gros coup de testostérone (j’évite la ride du lion grâce à Nivéa mais je me rase avec un katana, coco). Ça, et le retour aux traditions, et aux vraies valeurs, et aux produits naturels, lui imposent de prendre, comme son père (ou plutôt son grand père) le temps de prendre son temps, c’est-à-dire de rester nu devant sa glace une heure durant pour manier une sorte de faux miniature qui lui permettra de se prendre au mieux un chasseur de prime, au pire pour un officier anglais coincé en pleine guerre contre les zulus sans un seul barbier correct à moins de 45 kilomètres.

Aujourd’hui, alors que même les rasoirs vibrent, pourquoi repasser au rasoir de la muerte ?

Pour rien. Premièrement, pensez à l’éclatante révélation que vous ferez à vos amis qui jouent à Buffalo Bill tous les soirs (ou toutes les semaines, voir tous les mois, selon leur âge) : « Le coupe-choux ? Humph, c’est un peu has-been le retour aux objets has-been non ?).

Ensuite, n’aimerez-vous pas être le seul homme très bien rasé de votre groupe ? (bien que ce genre de considérations n’appartienne qu’à une certaine élite, à laquelle je n’appartiens que par obligation résignée). Car, ne pensez pas que votre passage à une lame Durandal vous donnera le visage heureux et frais d’un homme sortant du barbier de la Rue Principale (avant d’acheter ses Colts) : elle vous donnera le visage, tailladé, d’un homme qui, sortant de sa camionnette d’installateur du câble, à échappé de peu à un émule du docteur Lecter.

La meilleure chose à faire reste donc de rendre visite fréquemment à un barbier (ce qui n’existe pour ainsi quasiment plus depuis que les gens sont foutus de se raser eux-mêmes) ou d’avoir recours à une lame « normale ».

-Pierre
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